L’image eidétique

L’image eidétique (du grec Eidos signifiant « ce qui reste après qu’on a vu, la forme d’une chose dans la pensée, l’idée ou l’essence selon les contextes ») (Foulquié, 1962, p.205) est étudiée depuis le siècle dernier.

Au début du XXe siècle, en effet, E.R. Jaensch de l’École de psychologie de Marburg en Allemagne effectue les premières recherches dans ce domaine et utilise le terme images eidétiques pour désigner des images optiques perceptuelles assimilées à la mémoire photographique. Ce sont des images de mémoire d’une exceptionnelle précision que seuls certains individus, plus particulièrement certains enfants, peuvent visualiser. Il appelle ceux qui ont cette habileté des Eidetikers (Richardson, 1983; Hochman, 1998). Cette fonction eidétique, aussi appelée typographique, produit « des images extrêmement détaillées, projetées extérieurement et étudiées par l’École de Marburg dans un cadre expérimental, utilisant un chevalet pour projeter les images. » (Hochman, 1998, p.70)

Après qu’une image stimulus ait été présentée au sujet pendant 30 à 40 secondes, celui-ci rapporte continuer à voir sur un chevalet blanc posé devant lui l’image ou une partie de l’image. Ces images ont comme caractéristiques d’être vues comme un objet réel, elles se situent devant les yeux dans le plan de l’image stimulus originalement présentée et elles durent au moins 40 secondes. La personne présente des mouvements des yeux et elle peut faire une description détaillée de l’image au temps présent. Les recherches en imagerie eidétique typographique se poursuivent à ce jour par les travaux, entre autres, de R. N. Haber de A. Paivio et de P.W. Sheehan qui travaillent dans un cadre expérimental et sur les questions de modalités d’apparition de ces images, l’apprentissage et la mémoire.

Il faut cependant distinguer ces images eidétiques de l’imagerie eidétique structurale proposée par Akhter Ahsen dans les années cinquante, qui correspond à des images internes extrêmement détaillées, qui possèdent certaines caractéristiques de l’imagerie eidétique typographique (la clarté et la précision) mais qui sont spontanées, sans nécessairement qu’un stimulus ait été présenté au préalable et qui se déploient progressivement. Pour obtenir ces images eidétiques structurales, la procédure type est de demander à la personne de «laisser venir à son esprit l’image de… » Par exemple : « Voyez l’image de vos parents dans la maison que vous habitiez enfant … Où les voyez-vous? Que font-ils? Comment vous sentez-vous lorsque vous voyez ces images?…» Il s’agit ici d’un exemple tiré du Test de Parents Eidétiques. De cette procédure il résulte des images très précises, qui évoluent spontanément et qui peuvent être utilisées dans un processus thérapeutique et pour le diagnostic.(Richardson, 1983)

Texte choisi par Oscar Hamel, M.Ps., psychologue clinicien
Québec, Équinoxe d’automne 2007

1Tiré de : Caouette, L. (2005). Examen de doctorat. Document de synthèse. Manuscrit non publié. Université Laval, Québec.
2Trad. de l’auteure.