Historique

Nous étions en juin 1988 et Richard, un collègue de l’université Laval, revient de Santa Fe, USA, où il avait participé au congrès annuel de l’association de bioénergie. Il me dit : « J’ai suivi un atelier dirigé par un grand thérapeute, Dick Olney. Tu devrais le rencontrer. Tu l’aimerais ce gars-là». En même temps, il me remet le livre de Akhter Ahsen, Psycheye. Richard connaissait bien la question que je me posais depuis la fin de ma formation en psychologie, d’orientation principalement psychanalytique. Je me questionnais : «Mais où est donc le corps?». J’ai cherché la réponse à l’Institut de Gestalt de Cleveland, OHIO. Pendant que j’enseignais la Gestalt-thérapie, je poursuivais la quête d’une réponse à cette question en participant à un programme de formation en bioénergie à Montréal.

En décembre suivant, je participe au groupe de Dick Olney, une première rencontre qui sera suivie de plusieurs autres. En plus de sa longue expérience en bioénergie avec A. Lowen et en Gestalt avec Fritz Perls, il utilisait beaucoup l’image eidétique. J’avais la forte intuition que j’étais dans la bonne veine pour avoir réponse à ma question. Il me fallait donc plonger dans cet univers. Il m’est donc venu le désir de me former à New York avec Akhter Ahsen au centre de formation dirigé par Leslie Dagnall.

Et là, enfin, j’ai réponse à ma question : «Où est le corps?».

Pendant ce temps, je continue à être co-responsable du Centre de formation en Gestalt-thérapie de Québec et les psychologues qui me voyaient agir ont été intéressés et intrigués par la façon dont je dirigeais leurs expériences. Ils m’ont demandé de leur enseigner ce que je faisais. C’est ainsi que j’ai donné un premier groupe de formation en psychothérapie eidétique en 1992. La même année, j’enregistrais légalement mes activités sous le nom bilingue de Institut canadien de l’image eidétique – Canadian Institut of Eidetic Imagery.

Les demandes de formation se sont succédées, le nombre des textes traduits augmentait et les activités se diversifiaient au point qu’en 1994 était fondé l’Institut d’analyse eidétique de Québec pour regrouper tout ce qui regardait le programme de formation, l’organisation des sessions, la formation continue, laissant à l’Institut canadien de l’image eidétique la responsabilité de tous les autres aspects.

En avril 1996, je reçois un appel téléphonique de Maurice, un confrère psychologue qui dirigeait un groupe de thérapeutes en Europe engagés auprès de personnes atteintes de grandes maladies et/ou de choc de vie. Ils cherchent une personne ressource. Je débarque donc à Vielsalm (Lafarnière) en Belgique le 13 juin et je passe trois jours avec eux. Étonnés et touchés par la puissance de l’expérience qu’ils font avec l’image eidétique, ils organisent une formation formelle à la psychothérapie eidétique. Depuis 1996, des groupes semestriels de formation et de croissance personnelle se sont maintenus sans interruption jusqu’à maintenant. Ces activités ont été regroupées sous les noms de Institut d’analyse eidétique de France et Institut d’analyse eidétique de Belgique.

Pendant ce temps, au Québec, des psychologues gradués traduisaient des textes importants concernant l’image eidétique. Deux collègues, Linda et Alain, viennent avec moi à New York pour un séminaire de Akster Ahsen. Puis Louise se joint à nous lors d’un autre atelier. Si bien que le 25 février 2002, nous étions sept francophones (2 français et 5 Québécois) à participer à un séminaire de deux jours à New York. À cette occasion, les responsables de l’International Imagery Association m’ont invité à être membre du bureau de direction, et d’agir à titre de directeur des liaisons internationales.

Le 14 décembre 2002, nous sommes réunis à Tewkesbury lors d’un Samedi de l’institut, journée de formation continue. Lise prend la parole et invite des collègues à se joindre à elle pour former un comité en vue d’organiser un premier colloque francophone de l’Institut d’analyse eidétique, qui aura lieu du 31 juillet au 13 août 2004 incluant une journée retrouvaille le samedi 7 août. Mes formateurs de New York et 13 collègues de la France et de la Belgique nous rejoignent à Québec.

L’occasion était belle pour moi de passer la main à des collègues plus jeunes pour qu’ils poursuivent la trajectoire que je viens d’évoquer, trajectoire qui dépassait de toute évidence ma petite personne. Je l’avais parcourue, m’a-t-on dit le 7 avril 2004, avec «efforts constants, détermination et pugnacité même». J’avais toujours eu l’élan de partager mes découvertes. L’occasion était toute désignée d’appeler des collègues à prendre en charge la responsabilité des différents instituts, les assurant de leur continuer ma Présence et mon soutien, puisqu’il ne s’agit pas pour moi d’un travail mais d’un engagement de vie.

Ce survol historique permet de retracer le sentier emprunté par l’eidétique immigrer dans la francophonie. Il situe aussi les liens de l’Institut canadien de l’image eidétique avec ses origines de New York et avec les instituts auxquels il a donné naissance : les Instituts d’analyse eidétique de Québec, de France et de Belgique .

Oscar Hamel,
psychologue clinicien
Québec, Équinoxe d’automne 2007.

Une réalisation de Prospection